Mes bonnes tables pour un festival des papilles

Hop hop hop, à toi ami lecteur, que les choses soient claires: je n'ai pas (encore) mangé dans TOUS les restaus, bars et gargotes d'Avignon. Soit donc indulgent si, au détour de cette chronique faite uniquement pour t'aider à éviter l'overdose de melon/jambon serrano ou tomate/mozza, tu ne trouves pas "ta" petite adresse chérie où tu as tes habitudes de gastronomes. Et toi, restaurateur avignonnais, ne m'attend pas au détour d'une rue pour me transformer en chair à saucisses pour petits farcis (mais invite moi plutôt à goûter ta cuisine que je puisse en parler ici ou ici).

 

Ce préambule, avertissement sonore étant posé, je vais essayer de tordre quelques idées reçues pour les non-avignonnais (les pôôôvres) qui arpentent les rues de notre belle cité qui arbore son lifting estival coloré.

 

La première règle que je m'impose, c'est de savoir si le charmant petit resto à la déco bucolique palettes/bottes de foin/bobo qui me tend les bras est ouvert depuis plus de 15 jours. Car oui, c'est un fait, en juillet à Avignon, il s'ouvre presque autant de nouveaux théâtres que de nouveaux restos! Et souvent même, ils sont cousins germains. Partant du principe qu'on ne peut pas être bon sur scène ET en cuisine, je préfère privilégier les adresses que je fréquente toute l'année même si, à l'occasion, je ne suis pas contre une petite découverte sur le pouce.

 

Petites tables mais grandes saveurs

 

 

En bon festivalier pressé que tu es, ami lecteur, tu vas chercher la rapidité, la facilité, le plat du jour qui file vite. Rajoutons-y le bon produit bien cuisiné et voilà quelques belles adresses à mettre dans ta wish list avignonnaise:

L'Ubu, rue des Teinturiers. Toute l'année, une cuisine de très bonne qualité. En juillet, dans LA rue tumultueuse du Festival, l'Ubu s'adapte avec des assiettes rapides mais toujours qualitatives.

Même rue, le Zinzolin (même si je n'y suis plus allée depuis longtemps donc, à vérifier).

Valeur sûre de la rue Bonneterie, la Maison Ripert (photo 3) et son nouveau Chef propose de très jolies assiettes travaillées pour un rapport qualité/prix imbattable.

Un peu plus au calme du tumulte festivalier (et des fois, ça fait du bien), la très bonne table de Richard Corre, Le Goût du Jour, rue Saint-Etienne. Classe et saveurs au rendez-vous.

 

On retourne dans la fournaise festivalière, le cœur battant du OFF, place des Corps Saints! Immanquable, L'Agape (photo 1) et les assiettes créatives, dignes d'un étoilé, de Julien Gleize. Quelques mètres plus loin, j'aime bien également la cuisine de la Portena. Tenus par les anciens du Naka, c'est une cuisine qui nous emmène en Argentine, Espagne...

 

Dans une petite rue parallèle à la rue de la République, faire une halte à Italie Là-bas (rue Bancasse) qui a gagné cette année un bib gourmand du Michelin (photo 2). Toute la gastronomie italienne par un VRAI couple d'italiens tombés amoureux d'Avignon. Incontournable.

Une petite place que personne ne trouve jamais mais qui est pleine de charme, la place des Châtaignes (ami lecteur, tu googliseras) avec tout un florilège de restos dont "Chez Lulu", une belle adresse toute rouge!

En plein centre-ville, Olivier Combe et sa tenue orange sont sur le pied de guerre pour offrir aux gourmands une cuisine française et traditionnelle généreuse! Rue petite Calade, c'est le CO2.

 

Ami festivalier, dans ton périple théâtral, fait une pause à la fraîche, dans la cour de la Maison de la Tour. Une petite rue perpendiculaire à la rue Carreterie, un oasis de tranquillité, à l'ombre des arbres avec au piano Pascal Barnouin qui régale les papilles d'une belle cuisine provençale. Superbe brunch tous les dimanches et service très tardif!

Et si tu veux vraiment te la jouer touriste (mais après tout, tu es là pour ça), attables toi place du Palais des Papes pour entendre se mêler les cris des martinets et les trompettes de Maurice Jarre. Ici trois choix possibles : Le In & OFF qui, comme son nom l'indique, n'est pas sectaire! Damien Chocano, chef autodidacte passionné livre une cuisine sincère et de qualité sur une place où défilent plusieurs milliers de personnes par jour! Le Moutardier reste une table agréable, avec sans aucun doute la plus belle vue sur le palais. On ne sait pas trop si c'est bistrot ou gastro... Enfin, nouveau venu sur la place, le Carré du Palais, (photo 4) c'est l'antre des vins de la Vallée du Rhône, l'ambassade des meilleurs crus de nos vins. Le Chef Christophe Chiavola a concocté une carte restreinte dans laquelle il associe plat et vin pour un plaisir complet. L'endroit à ouvert le 14 juin et s'améliore au fil des services!

 

Et pour une vue imprenable sur le pont d'Avignon, une ambiance guinguette chic et une cuisine pleines de saveurs exotiques et surprenantes, direction Le Bercail, de l'autre côté du Rhône. Loin des clameurs du public, l'adresse parfaite pour se mettre au vert.

 

 

Presque sur le pouce!

 

 

Ici, on s'assoit mais on déguste rapido presto pour aller voir la pièce de 13 h 12 à moins que ce soit celle de 14 h 26 ! Vouloir manger vite ne signifie pas forcément manger mal.

Mon tout dernier coup de cœur en date c'est Cœur d'Artichaut (photo 1) par Alexis et Julien. Un couple de jeunes amoureux qui met tout son love dans l'assiette avec des produits frais, une petite carte gage d'une cuisine maison. A découvrir rue Bonneterie.

Rue Saint-Etienne, encore, l'incontournable Subito (photo 2) de Jean-Phi. Tout est fait maison, des pizzas comme à Naples à se damner, des gâteaux sans gluten, des antipasti... bref, la felicità!

Place des Corps Saints, la boulangerie Violette (photo 4) propose des plats cuisinés (salades, tartes...) à emporter ou à manger sur place. Sébastien Beaupère, boulanger artiste, fait aussi de très bons pains spéciaux, des pâtisseries de boulanger à se rouler par terre (mais évite, ça fait désordre). A côté Le Milk Shop est parfait pour les teenagers pressés (que je ne suis plus ;-) ) et honnêtement, les pizzas du Pili sont très honorables.

Pourquoi ne pas vous concocter un petit pique-nique en passant par les Halles (du mardi au samedi matin), pour la gouaille des vendeurs et la qualité des produits frais. Des stands traiteurs comme "Chez les Filles" ou la Maison Filière vous permettront aussi d'emporter de quoi grignoter de très bonnes choses. 

En soirée, L'Amuse-Bouche (photo 3) est un bar à grignotage très sympa. La carte des vins y est très bien faite par Greg, amateur du divin nectar, les planches à grignoter sont bien garnies et de qualité et le coin, assez secret (surtout lorsque les affiches du OFF en cachent l'entrée, n'est-ce pas Greg ;-) ) vaut le détour (rue Carnot, entrée à côté du Red Zone)

 

Et pourquoi pas une grande table?

 

 

Oui je sais, les temps sont durs.... Mais si vous venez à Avignon pour voir du beau spectacle, pourquoi ne pas y associer, un soir au moins, une exaltation des sens gustatifs? Un bon spectacle et une bonne table, le combo parfait pour une expérience avignonnaise inoubliable!

Et la cité des Papes a de quoi vous satisfaire en la matière! Accrochée au flanc du palais des Papes, la Maison Christian-Etienne vit un renouveau étincelant. Sans trahir l'héritage du maitre Etienne, le nouveau Chef, Guilhem Sevin et son épouse Corinne offrent un moment d'exception. Le célèbre menu Tomates, le menu du Palais sont de véritables odes aux saveurs du Sud (Provence, Camargue, Méditerranée...). Service impeccable sous une verrière ouverte embrassant l'ambiance du Festival.

Juste derrière, à l'abri du palais, la Mirande et ses chefs, Florent Pietravalle et Séverine Sagnet animent les tables de cet hôtel particulier plein de charme. Florent Pietravalle au restaurant gastronomique a déjà séduit les becs fins d'Avignon. Séverine Sagnet, à la Table Haute fait une cuisine généreuse, de "mère" , le raffinement en plus.

A l'entrée d'Avignon, sur l'une des plus jolies places de la ville (la place Crillon), l'Hôtel d'Europe et son restaurant la Vieille Fontaine, 200 ans au compteur de son histoire, s'est ouvert depuis deux ans à l'audace créatrice de Mathieu Desmarest. Le jeune homme, auréolé de plusieurs prix dont Grand de Demain par le Gault & Millau, élaboré des assiettes épurées et explosives. Cerise sur le gâteau, le sommelier du restaurant, Jérémie Léone, vient lui aussi d'être couronné du titre de Meilleur sommelier PACA 2017 toujours par le guide jaune.

Rue petite Fusterie, la table de l'Essentiel est réputée pour sa grande qualité dans un décor contemporain. Thierry Bauchet, du restaurant Les 5 Sens, rue Joseph Vernet, MOF traiteur, a bâti sa réputation sur la solidité et la régularité de sa cuisine.

Ils fêtent leur 35 ans de cuisine à Avignon et c'est une véritable institution. Semi-gastronomique, La Fourchette et le duo de chefs père-fils Hiely, ont fait de cette adresse un must pour les Avignonnais à l'année alors n'hésitez pas à vous y attabler !

 

Et si vous quittiez les remparts? Je sais, pendant le Festival, l'idée est presque saugrenue... et pourtant, dans un coin de fraîcheur avec la sorgue qui traverse son parquet, le Diapason (avenue du Moulin de Notre Dame), et son Chef Robin Mayen en duo avec un sommelier érudit fait une cuisine délicate avec un rapport qualité prix défiant l'entendement!

 

Voilà, cher ami lecteur, un petit guide totalement subjectif des tables d'Avignon.

N'hésitez pas en commentaire à suggérer vos bonnes adresses avec un petit argumentaire et n'oubliez pas l'adresse!

 

Bon Festival des papilles!

 

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Mes bonnes tables pour un festival des papilles

July 8, 2017

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