La claque du Parcours de l'Art

October 7, 2015

 

Le Parcours de l'Art a 21 ans. L'âge de la maturité sans doute, car le cheminement des oeuvres proposés dans différents lieux de la ville marque un vrai tournant pour cette manifestation. Déjà l'an dernier, l'utilisation de la petite cour intérieure du musée du Petit Palais m'avait particulièrement séduite. Comme chaque fois que le contemporain rencontre l'ancien, le rendez-vous m'émeut, le tutoiement d'hier et de demain me bouleverse...

 

 

Cette année, le "directoire" (girl power, 5 femmes mènent la barque de la manifestation) a resserré les critères de sélection et donné la prime à la découverte et à la qualité. Bien leur en a pris, c'est une superbe réussite. D'abord parce que les oeuvres exposées sont oniriques, poétiques, joyeuses souvent et changent de l'atmosphère morbido-dépressive qu'aiment cultiver les artistes contemporains mais qui finit franchement par nous foutre le bourdon.

 

 

Ensuite, les lieux... Ah... les lieux d'expos. Pour qui aime Avignon (moi! moi! moi!) c'est du miel en cuillère. L'hôtel Forbin de Barben sur la place Aubanel, appartenant à la Fondation Calvet, accueille les stilletos improbables de Lydie Clergerie, les petits tableaux délicats peints sur plaque de pâtes à lasagne (si!) de Catherine Grangier, les boites de sardines gélifiées de Joyce Penelle, comme les médaillons pieux qu'on offre aux communions. Et la robe pourpre en "fleurs de tampax" dans le hall de cet hôtel particulier qui en a sûrement vu d'autres!

 

 

Les volets sont clos sur cette bâtisse léguée par Marcel Puech à la Fondation Calvet qui les garde jalousement fermés sur ce trésor architectural. A visiter dare-dare donc pour les amateurs (trices) de talons extravagants, d'objets du quotidien sublimés par un art simple et délicat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre lieu, autre atmosphère. L'église des Célestins, comme un décor de décombres sorti tout droit d'une guerre civile accueille des oeuvres d'une grande poésie. Les lignes simples des toiles d'Anna Baranek semblent suspendues sous les voutes gothiques de cette nef magique. La toile textile, arachnéenne, de Rieko Koga devrait habiller pour toujours l'alcove lumineuse de l'église. Les loups pharanoniques, la biche amoureuse de Pierre Sgamma, artiste l'islois, ont trouvé refuge dans la clairière de pierre des Célestins baignée d'une lumière naturelle fantasmagorique.

 

 

 

 

 

Au Cloître Saint-Louis, place à la couleur, à l'humour aussi. Photos, toiles unichromes, portraits immortalisés subaquatiques, bleu de Chine par Fan Cheng, sculptures à prendre au second degré (émasculations qui sont en fait des morceaux de plastiques cramés), l'endroit recèle d'images belles et ludiques. Tandis que dans la cour, la fontaine moussue et ruisselante s'est parée d'une étrange chapeau de tuyau rouge, comme une grosse libellule venue boire un soir d'été...

 

 

 

 

 

Le Parcours ne se limite pas à ses trois lieux mais ce sont visiblement les plus incroyables. La scénographie et la lumière mettent particulièrement en valeur les oeuvres proposées au visiteur. C'est accessible, parce que simplement beau. C'est rafraîchissant, émouvant, lyrique ou tout simple. C'est un beau parcours vers l'Art.

 

Le Parcours de l'Art c'est jusqu'au 24 octobre. Le programme, les lieux, les vernissages et les artistes sont consultables ici.

 

 

 

 

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